Pessoa et son livre
Avec Frédéric Pierrot à la voix, Christophe Marguet à la batterie et Claude Tchamitchian à la contrebasse, Pessoa : L’intranquillité réunit trois personnalités majeures pour s’attaquer à l’un des textes les plus singuliers du XXe siècle : Le Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa. Plus qu’un roman ou qu’un journal, ce livre fragmentaire se présente comme une suite de réflexions, de notations, de rêves et de fulgurances, confiées au semi-hétéronyme Bernardo Soares. Pessoa y explore l’ennui, la solitude, le doute, la rêverie et cette étrange tension intérieure qui donne au recueil son titre même : une agitation intime, sans repos ni résolution.
« La musique ? La chose la plus rassurante qui soit. Je devrais penser plus souvent à écouter Chopin quand je ne vais pas bien. J’adore Chopin car il me donne l’impression de toujours chercher, et c’est bouleversant. Dans le film de Grégory Magne, le thème de la musique m’a séduit, en tant que métalangage dont les fréquences, les harmonies vous offrent des frissons inouïs. Je suis mélomane depuis l’enfance : ma mère écoutait de la musique classique, et mes grands-parents m’offraient des disques sur la vie des grands compositeurs. Plus tard, ce fut la rencontre avec le blues et le jazz, les improvisations de Miles Davis. Dès que je le peux, je travaille avec des musiciens ! Comme cette collaboration, depuis quinze ans et si évolutive, avec le batteur Christophe Marguet sur mes lectures du Livre de l’intranquillité, de Fernando Pessoa. »
Frédéric Pierrot dans Télérama
Une lecture muscale
Comédien remarquable, Frédéric Pierrot donne au texte une présence rare, à la fois habitée, précise et profondément musicale. Sa scansion fait entendre la langue comme une matière vivante, un instrument à part entière, au même titre que les deux musiciens qui l’accompagnent. Christophe Marguet et Claude Tchamitchian déploient alors un dialogue libre, souple et attentif, capable d’épouser les méandres d’une pensée fragmentée, parfois drôle, souvent lucide, toujours vertigineuse. Ensemble, ils composent une forme chambriste d’une grande intensité, où la musique ne se contente pas d’illustrer le texte, mais le prolonge, le fracture et le révèle.



